Ma soeur, serial killeuse de Oyinkan Braithwaite

 

CVT_Ma-soeur-serial-killeuse_5656

Née en 1988 au Nigéria, Oyinkan Braithwaite a passé une partie de son enfance à Londres. Elle a étudié le droit et la création littéraire à l’Université de Surrey et à l’Université Kingston avant de retourner à Lagos (Nigéria). En 2016, elle a été finaliste du Commonwealth Short Story Prize. « Ma sœur, serial killeuse » est son premier roman.

Dans ce livre, nous suivons deux sœurs antagonistes mais néanmoins complémentaires : Korede, l’aînée, est infirmière et secrètement amoureuse de son collègue médecin, Tade. Dévouée, elle protège sa sœur envers et contre tout/tous. Favorite de la famille, extrêmement belle mais égocentrique, Ayoola passe sa vie sur les réseaux sociaux quand elle ne tue pas ses amants ! En effet, Ayoola est une serial-killeuse prolifique et au fil des meurtres, Korede est, quant à elle, devenue experte en nettoyage de scènes de crime et en falsification de preuves. Ce duo déroutant a trouvé un certain équilibre jusqu’à ce qu’Ayoola ne tombe amoureuse du séduisant docteur Tade. Korede se trouve face à un dilemme : protéger l’homme qu’elle aime ou sa sœur ?

Dès les premières lignes, nous sommes plongés au cœur de l’histoire : « Ayoola m’appelle et prononce ces mots que j’avais espéré ne jamais plus entendre : Korede, je l’ai tué ». Cette entrée en matière n’est que le début d’un roman original, contemporain,  plus dense et profond que ne le laissait présager son titre.

Au fil de la lecture, la relation entre les deux sœurs devient de plus en plus toxique et révèle un passé violent dominé par le patriarcat. Ce roman féministe est également une critique de la société nigériane et un questionnement permanent sur la mondialisation.

La société Working Title Films a mis une option sur les droits du livre pour une adaptation cinématographique. Cela ne nous étonne guère car nous visualisons clairement et facilement les scènes et avons parfois l’impression d’être dans un crossover entre Grey’s AnatomyDexter et Dr House. La métaphore des couleurs, et en particulier du rouge, est subtilement utilisée par l’autrice : ce sang présent en abondance lors des meurtres, celui des patients hospitalisés, les liens du sang, la couleur rouge reflétée dans les lunettes sur la couverture du livre, …

La plume est acerbe, parfaitement aiguisée et maîtrisée pour un premier roman. Avec un style fluide, Oyinkan Braithwaite distille des indices, manie les mystères et révélations à des moments étudiés avec brio. Les chapitres nombreux et courts soulèvent plusieurs réflexions sur différents sujets actuels. Tous les ingrédients sont réunis pour un ovni littéraire particulièrement réussi.

(Cet article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

Un fils de Mehdi M. Barsaoui

Un_fils

Pour son premier long-métrage, Mehdi M. Barsaoui a réuni des acteurs confirmés tels que Sami Bouajila et Najla Ben Abdallah.

Dans ce film, il y a deux histoires : tout d’abord, celle d’une famille tunisienne aisée constituée des parents, Farès et Meriem, et de leur fils, Aziz, âgé d’une dizaine d’années. Farès et Meriem forment un couple heureux et extrêmement uni lorsqu’ils décident de prendre quelques jours de vacances près de Tataouine, dans le sud de la Tunisie. Sur le chemin, ils sont pris dans une embuscade par un groupe de terroristes et Aziz est grièvement blessé au foie. Le jeune garçon est amené d’urgence à l’hôpital où seule une transplantation hépatique peut le sauver. La course contre la montre pour sauver le jeune Aziz commence alors…

La seconde histoire présente en filigrane est celle d’un pays en pleine mutation, quelques mois après la révolution tunisienne de 2011 et la chute du régime de Ben Ali. Un parallèle extrêmement intéressant peut être effectué entre les combats traversés par la famille et ceux vécus au même moment par le pays (passant par des étapes identiques : désintégration, affranchissement et émancipation).

Nous nous retrouvons face à de nombreux rebondissements et questionnements tout au long de ce film passionnant. Le sujet principal du film (que nous ne pouvons dévoiler ici pour laisser la surprise au spectateur) remet en question la vie et les certitudes du personnage principal. Il est traité avec intelligence et une extrême finesse.

Un autre thème fondamental est évidemment celui du don d’organe. Le don d’organe n’est pas très répandu en Tunisie et les listes d’attente pour des greffes sont, dès lors, extrêmement longues. Cette insuffisance donne lieu à de nombreuses inégalités et autres trafics. Le film ne cache pas la sombre réalité des greffes en Tunisie mais transporte également un message et ouvre à la réflexion sur ce sujet. Il est important d’informer et de promouvoir le don d’organe car le manque d’organe disponible est cruellement présent mais il faut que cette décision s’effectue dans le respect des convictions morales, philosophiques et religieuses.

Mehdi M. Barsaoui a réalisé un film subtil, juste et réfléchi qui aborde de nombreux sujets difficiles mais en toute transparence. Les acteurs principaux sont excellents et les gros plans réalisés aux moments clés du film ajoutent une profondeur inattendue dans un huis-clos angoissant. Il nous rassure en nous montrant que l’amour surpasse tout :  les obstacles que nous pensions insurmontables mais également nos certitudes.

 

(Cet article est également disponible sur le Suricate Magazine)

Programmation virtuelle pour célébrer la diversité du 7e art !

forum-des-images-logo-678x381

Plusieurs initiatives culturelles et actions innovantes ont été mises en place depuis le début de la crise sanitaire. En attendant la réouverture des espaces culturels et des cinémas, le Forum des Images a conçu une programmation virtuelle avec des films en avant-première, des spectacles originaux, des avant-programmes dédiés suivis de débats ou « chats ».

Le Forum des images, un lieu à part

Créé en 1988, le Forum des images a pour objectif de constituer la mémoire audiovisuelle de Paris et célèbre tous les cinémas. « Les cinémas » car le septième art est présent sous des formes diverses et variées : courts et longs métrages, animations, documentaires, fictions, …

Le forum est également un lieu d’échanges où on cultive la diversité, ignore les frontières, encourage le partage et la réflexion. Les œuvres diffusées bousculent nos certitudes, nous surprennent, nous questionnent ou nous sensibilisent sur des thèmes d’actualité.

Création de la salle virtuelle « Le Fil »

Depuis le 9 juin dernier, le Forum des Images a lancé « Le Fil », une salle virtuelle pour des séances pérennes sur une plateforme e-cinéma de « La vingt-cinquième heure » tous les mardis à 20h30.

La programmation spécifique et éditorialisée comprend des films en avant-première ou en version restaurée, des spectacles originaux inspirés de toutes les formes d’images, des avant-programmes dédiés, des débats et « chats » en présence d’artistes ou d’intervenants à découvrir de son canapé.

Pour accéder aux séances, il suffit de se connecter sur la salle virtuelle et de sélectionner le film souhaité dans la liste au tarif unique de 3.50 €. Toutes les étapes sont clairement décrites sur le site du Forum des Images.

La prochaine séance est le mardi 16 juin avec « Les Révoltés de l’an 2000 » en avant-première suivi d’un dialogue avec le réalisateur

« En partenariat avec Carlotta Films, le Forum des images présente en avant-première une version inédite et restaurée des Révoltés de l’an 2000, chef d’œuvre de l’âge d’or du cinéma fantastique espagnol ! Réalisé tout juste au sortir de la ténébreuse période franquiste, le film de Narciso Ibáñez Serrador avec son sujet profondément subversif d’enfants meurtriers est une œuvre inclassable, échappant à tous les poncifs du film d’horreur. Elle demeure une source d’inspiration féconde pour les cinéastes contemporains tels que Guillermo del Toro ou Jaume Balagueró.

A l’issue de la séance, Vincent Paul-Boncour, directeur de Carlotta Films, dialogue avec le réalisateur Fabrice Du Welz sur les arcanes de ce film »

 

(L’article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

Puisque tu m’aimes de Janine Boissard

janine

Née le 18 décembre 1932, Janine Boissard est une écrivaine française populaire et particulièrement prolifique. Elle a publié plus d’une quarantaine de livres dont une saga familiale, des œuvres romanesques, … et a également écrit des scénarios pour la télévision et le cinéma.

Dans Puisque tu m’aimes, nous nous retrouvons au cœur de la vie de Montsecret, petite bourgade de Basse-Normandie. Jeune pompier volontaire, Lou est une adolescente de 17 ans au caractère affirmé qui a perdu son insouciance suite au décès de son père renversé par un chauffard. Elle doit  supporter les fréquentes absences de sa mère dues à son métier d’infirmière mais également à un nouvel amour. Elle se rapproche alors de son oncle et parrain, Philippe, pompier héroïque et admiré de tous, dont elle partage la passion.

Depuis un an, des incendies se déclarent pendant des repas de noces. Jusqu’ici, aucune preuve n’a été trouvée indiquant un acte de malveillance. Cependant, après un troisième incendie, le doute n’est plus permis et la piste criminelle est privilégiée. Les habitants s’interrogent : Qui ? Pour quel motif ? Mû par quelle folie ? S’agit-il de quelqu’un du village ? Lou décide d’enquêter avec son ami, Stan, photographe, licencié en morphopsychologie et qui rêve secrètement de devenir profileur.

Dans ce livre, Janine Boissard a voulu, avant tout, rendre hommage au courage et au dévouement des hommes du feu. Elle décrit un métier extrêmement humain, tourné vers l’autre, passionnant mais aussi très exigeant tant au niveau physique que psychologique. Les pompiers sont constamment entourés d’éléments dangereux, d’imprévisibilités répétées mais également confrontés à des prises de décision très rapides mais riches de conséquences.

Cet hommage nécessaire est malheureusement entouré de multiples incohérences et d’une faible intrigue. En effet, les tâches confiées à Lou pendant son service sont trop lourdes pour une adolescente de 17 ans. Nous avons du mal à croire qu’un jeune pompier volontaire soit en première ligne sur des accidents de la route, prodigue des gestes de secourisme seul sans l’aide d’un professionnel.

L’auteure a donné trop d’ indices sur l’incendiaire et l’identité de celui-ci est devenue prévisible. Nous avons attendu un retournement de situation qui n’a pas eu lieu. De plus, les explications sur les raisons des incendies volontaires sont vagues. Contrairement au personnage principal, les autres protagonistes manquent cruellement de profondeur et sont complètement dénoués d’intérêt.

Puisque tu m’aimes est une lecture aisée, facile avec des chapitres qui n’excèdent pas 3 pages. Janine Boissard a su se mettre dans la peau de l’adolescente et cela se ressent dans son écriture claire, limpide et dynamique. L’histoire est assez simple avec quelques beaux passages malheureusement trop disparates et peu nombreux.

 

(L’article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

Kazuo Ishiguro un écrivain aux multiples facettes

Kazuo-Ishiguro-678x381

Né le 8 novembre 1954 à Nagasaki, Kazuo Ishiguro quitte son Japon natal à 6 ans pour s’installer en Angleterre car son père, Shizuo Ishiguro, a trouvé un emploi en tant que chercheur et océanographe au National Institute Oceanography à Southampton. Kazuo va d’abord suivre des études de philosophie et de littérature à l’université de Kent avant de se consacrer pleinement à l’écriture en 1982.

L’auteur est récompensé dès son premier roman « Lumière pâle sur les collines » avec le Winifred Holtby Prize de la Royal Society of Literature. Ce succès ne va jamais se démentir et le 05 octobre 2017, il reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Le comité Nobel a salué, entre autres, « la grande force émotionnelle » de son œuvre mais également son univers extrêmement riche qui oscille entre Jane Austen, Franz Kafka et Marcel Proust.

Cependant, Kazuo Ishiguro n’est pas un écrivain très prolifique puisqu’il n’a écrit que 7 romans et 1 recueil de nouvelles en plus de 35 ans. Mais cela est sans compter ses autres passions moins connues comme le cinéma et la musique (principalement le jazz).

Principales œuvres littéraires

« Les Vestiges du jour » (1989)

vestiges-du-jour-les

Majordome à Darlington Hall, James Stevens va revoir Miss Kenton, ancienne gouvernante qui a officié à ses côtés pendant quelques années. Pendant son voyage, Stevens se remémore sa vie, son sens de la loyauté, l’importance et les conséquences de ses choix.

Avec beaucoup de retenue et une écriture subtile, Kazuo Ishiguro dissèque le professionnalisme du majordome ainsi que la question de dignité.

Ce livre a été porté avec brio à l’écran en 1993 par James Ivory avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux. Ce film a reçu de nombreux prix et nominations aux Oscars, Golden Globes et à la British Academy Film Awards en 1994.

« Un artiste du monde flottant » (1986)

CVT_Un-artiste-du-monde-flottant_9426

Le peintre Masugi Ono est un vieux maître triste et solitaire de l’art officiel nippon. Le monde tel qu’il le connaît est révolu et il se trouve confronté à l’émergence d’une nouvelle société ouverte à l’Occident. Cette modification profonde l’amène à s’interroger sur son passé, la finalité de sa vie et de son art.

Nous suivons la vie d’une famille dans la société japonaise et observons les liens entre l’art et la politique. Les scènes sont extrêmement détaillées et finement ciselées. La nostalgie du peintre pour le monde flottant est sobre et prenante.

« Auprès de moi toujours » (2005)

unnamed

Ce livre est une dystopie racontant l’histoire de Kathy, une accompagnante. A la demande d’un donneur, elle commence le récit de ses années d’étude à Hailsham mais également de son parcours d’accompagnante.

Ce roman offre une profonde réflexion éthique sur les dons d’organe notamment mais aussi sur la notion d’individu.

Il a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2010 par Mark Romanek avec Keira Knightley, Carey Mulligan et Charlotte Rampling dans les rôles principaux.

Musique

R-3716880-1341531804-8777.jpeg

Passionné par la musique depuis son enfance, Kazuo Ishiguro a écrit plusieurs textes pour la chanteuse de jazz Stacey Kent.

Il a notamment collaboré sur l’album Breakfast on the Morning Tram pour les chansons The Ice HotelI wish I could go travelling againBreakfast on the Morning Tram et  So Romantic.

Il réitère l’expérience sur l’album The Changing Lights pour la chanson éponyme mais également The Summer we crossed Europe in the rain et Waiter, Oh Waiter.

Cinéma

Kazuo Ishiguro a été le scénariste de deux films :

The Saddest Music in the World (2003) de Guy Maddin avec Isabella Rossellini et Maria de Medeiros

Saddestmusicposter

Kazuo Ishiguro a écrit le scénario de ce film en se basant sur une ancienne nouvelle. Durant la grande dépression de 1933 à Winnipeg au Canada, la baronne Helen Port-Huntley organise le concours de la musique la plus triste du monde. Ce film mélodramatique et surréaliste nous offre un regard inédit et assez ironique sur l’art de la manipulation et la manipulation par l’art.

La Comtesse blanche (2004) de James Ivory avec Ralph Fiennes, Natasha Richardson et Vanessa Redgrave

La_Comtesse_blanche

Dans les années 30, un diplomate aveugle rencontre une comtesse russe déchue qui tente de survivre en se prostituant. La rencontre de deux solitudes dans un Shanghaï confronté à la modernité. Film grave au romantisme désuet.

La relève

51bpW-lN6vL

Née en 1982, la fille de Kazuo Ishiguro, Naomi, a publié son premier recueil de nouvelles intitulé Escape Routes le 06 février dernier. Le journal The Sunday Times a déjà souligné son style engageant et excentrique ainsi que la qualité de ses histoires remplies d’imagination.

(L’article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

Festival « Ecrans des Mondes »

ecrans-des-mondes-2-678x381

Nous ne comptons plus les conséquences culturelles désastreuses de la crise sanitaire de ces derniers mois. Souvent oubliés ou relégués au second plan, les artistes et autres associations culturelles ont dû faire preuve d’ingéniosité et d’imagination pour survivre dans ce monde au ralenti.

Les festivals d’Ecrans des Mondes (Ecrans de Chine, Beyond Borders, Cinématerre, …) ont évidemment été annulés mais l’envie de partager et d’inviter à la réflexion est restée intacte. Suivant la tendance Netflix, l’équipe d’Ecrans des Mondes a créé une plateforme ICTVOD offrant un large choix de documentaires. 

Vues sur le monde

Ecrans des Mondes est une association à but non lucratif présidée par Michel Noll, cinéaste avec plus de 200 films à son crédit.

Ecrans des Mondes organise de nombreux festivals de documentaires avec des thèmes forts d’actualité sur des régions d’Europe et d’ailleurs. Les pays concernés sont la France, la Grèce, l’Irlande, le Portugal mais également l’Asie avec la Chine, la Corée et le Japon. Les thèmes étudiés sont principalement la transition écologique, l’histoire ainsi que la découverte d’autres cultures.

Le but de chaque documentaire est d’éclairer le spectateur sur un sujet précis, une controverse ou un questionnement de notre monde contemporain.

L’indépendance avant tout !

Les différents documentaires et films proposés sont le résultat de travaux de réalisateurs et de producteurs indépendants. L’indépendance ainsi que la liberté éditoriale sont des points fondamentaux pour Michel Noll.

Cela permet un questionnement sans tabou sur des sujets difficiles, en lien avec l’actualité à un moment souvent clef de l’histoire d’un pays. Ce recul nécessaire permet de mieux comprendre la réalité d’aujourd’hui et mieux appréhender l’Histoire.

Plateforme ICTVOD

Ecrans des Mondes a récemment décidé de mettre en ligne l’intégralité des documentaires de leurs différents festivals et thématiques. Ainsi, nous retrouvons des documentaires sur la Chine contemporaine (Ecrans de Chine), la Grèce (Grec Doc), l’environnement et l’écologie (Citizen), l’Iran (Regards d’Iran), le Japon (un petit air de Japon), la Corée (Focus Corée), les découvertes et mystères de notre planète (Exploria), …

La plateforme ne restera pas statique puisque des films inédits seront ajoutés fréquemment.

Cette offre extrêmement intéressante et diversifiée est offerte le premier mois puis passera à 4.99 €/mois. Ce montant soutiendra évidemment l’action de l’association mais également la liberté d’expression.

La Rédemption du temps de Baoshu

actessud13376-2020

Baoshu (宝树), né sous le nom de Li Jun (李峻), est un auteur de science-fiction et de fantasy. Il a obtenu une licence en philosophie à l’université de Pékin et a effectué un Master en Belgique.

Grand amateur de science-fiction, il dévorait les livres de Liu Cixin et discutait des moindres détails avec d’autres « magnets » (jeu de mots chinois désignant les fans de Cixin) sur différents forums. Après la lecture de « La Mort immortelle » (死神永生), dernier tome de la trilogie intitulée « Le Problème à trois corps » (三体), Baoshu ressentit une profonde mélancolie et prit la décision d’écrire de courts récits afin de prolonger la vie des personnages présents dans les livres. Partagée premièrement sous le titre  « Le Problème à trois corps X » (le X représentant l’incertitude), la fanfiction connut un énorme succès sur Internet. Yao Haijun, directeur de la célèbre revue « Le Monde de la Science-Fiction » proposa de publier les écrits de Baoshu avec le consentement de Liu Cixin.

« La rédemption du temps » se passe donc après « La Mort immortelle » de Liu Cixin et prolonge la saga. Condamné par un cancer, Yun Tianming décide de se suicider mais son cerveau congelé est envoyé dans l’espace avec l’espoir de contrer les menaces d’invasion trisolarienne. Malheureusement, celui-ci est capturé par des aliens et Yun est contraint de trahir l’humanité. Une seconde chance lui est donnée par l’Esprit qui lui propose de sauver l’univers.

Nous étions perplexes avant la lecture de ce livre. En effet, Baoshu surfe sur la vague du succès et a simplement écrit une fanfiction comme il en existe des milliers sur Internet. Néanmoins, après la découverte de ce roman, tous nos doutes et incertitudes se sont envolés. Baoshu offre une fin inédite à la trilogie de Liu Cixin et répond aux nombreuses questions qui subsistaient après la lecture du dernier tome. Grâce à lui, nous apprenons le destin de Tianming, les caractéristiques des Trisolariens, les liens et l’attachement particulier avec l’humanité, …

L’auteur rend un véritable hommage à l’œuvre de son prédécesseur et est extrêmement respectueux dans sa démarche. Nous ressentons évidemment les connaissances approfondies des divers tomes mais Baoshu ne s’arrête pas à reproduire un roman selon les codes de Cixin, il y apporte sa touche personnelle. Il a une imagination débordante et apporte quelques touches intéressantes aux histoires précédentes.

Le point négatif est le style d’écriture de Baoshu : il ne tente pas de copier celui de Cixin mais il est parfois pauvre et extrêmement banal dans ses constructions de phrases. Cixin a le don de définir une atmosphère en quelques mots, d’ajouter une profondeur dans ses romans et de lier de nombreux sujets scientifiques, environnementaux et philosophiques. Baoshu reste en surface et ne parvient pas à emmener le lecteur dans des questionnements chers à Cixin mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un premier roman. La comparaison entre les deux auteurs est évidemment inconsciente et automatique.

« La rédemption du temps » est un bon livre pour tous les lecteurs qui souhaitent prolonger la trilogie de Liu Cixin. Pour les autres, la lecture sera difficile et souvent dénuée de sens.

Appel aux volontaires pour une étude!

notebook-1850613_640

Actuellement, parallèlement à mon travail, je suis étudiante à distance en recherche en formation des adultes à l’université de Lille.

Je réalise une étude sur l’influence des méthodes d’apprentissage sur la mémorisation des caractères chinois (mandarin) et  recherche une centaine de personnes pour contribuer à cette enquête.

L’étude est effectuée entièrement à distance et consiste en:

  • trois questionnaires (10 minutes),
  • une introduction aux caractères chinois (durée variable),
  • un apprentissage de quelques caractères chinois selon trois méthodes différentes (3 x 10 minutes),
  • trois petits tests (max. 10 minutes),
  • un test final une semaine après (max. 5 minutes).

L’intégralité de l’étude prend entre 1h30 et 2h00.

Je recherche des personnes sérieuses prêtes à s’investir pour les deux semaines (car le test final de 5 minutes est réalisé une semaine après).

La seule condition est de ne pas avoir de connaissance préalable en chinois (mandarin).

Si vous êtes intéressé(e), vous pouvez m’envoyer un mail à l’adresse suivante: diane.dehouck[at]univ-lille.fr

Merci!!!

 

 

 

Comment le confinement nous fait aimer la Belgique !

woman-2609869_640

Nous souhaitons peut-être vivre le confinement autre part que dans notre petit pays pluvieux. Qui n’a pas rêvé d’être en ce moment sur une plage ensoleillée, près de la mer, sur une île, dans une forêt, … simplement ailleurs.

Cependant, depuis le début du #restezàlamaison, il faut reconnaître que les initiatives culturelles et solidaires « Made in Belgium » sont étonnantes, attrayantes ou remplies d’autodérision.

Prêts pour un tour d’horizon des meilleures inspirations belges ?

Musique

Née le 5 juillet 1986 à Frameries, Laura Laune est notamment connue pour son humour noir. En 2017, elle a remporté la douzième saison de « La France a un incroyable talent » sur M6.

Le 03 avril, Laura publiait la version confinée de la chanson « Toute seule » de Lorie.

Le 16 avril, l’humoriste a ajouté une seconde vidéo sur son compte YouTube intitulée « Confessions nocturnes » avec Guillaume Bats. Il s’agit bien sûr de la parodie de la chanson culte de Diam’s et Vitaa. Les internautes ont d’ailleurs déjà rebaptisé la chanson « cons mais finement intimes ».

Hier, vendredi 24 avril, le célèbre DJ belge Henri PFR a donné un concert depuis chez lui (ou plutôt depuis la cuisine d’une célèbre YouTubeuse) en partenariat avec Orange. Vous avez manqué l’événement ? Pas de problème, le replay est disponible sur le site d’orangestayathome.

L’événement de ce mois est bien sûr le concert caritatif organisé par Lady Gaga qui réunissait des artistes du monde entier tels que Paul McCartney, Billie Eilish, les Rolling Stones, John Legend, Céline Dion, … mais aussi Angèle qui a interprété son tube « Balance ton quoi ». L’intégralité de cet événement unique est disponible sur YouTube.

Littérature

Les plus petits ne sont pas oubliés. Le compte Facebook de la librairie Filigranes propose notamment des vidéos où Gersende lit divers contes et autres romans de la littérature enfantine.

Sur le site des éditions Dupuis, nous retrouvons des lectures gratuites, des jeux concours ou encore de nombreux conseils. Ainsi, sur Facebook, des masterclass sont organisées pour apprendre à dessiner. La dernière vidéo nous apprend à réaliser un chat avec les instructions d’Alessandro Barbucci.

Solidarité

La plateforme Helpper soutient toutes les personnes seules en cette période difficile. Ainsi, elle met en relation des bénévoles, des professionnels, des soignants, …  et privilégie les actions de voisinage de façon efficace et en toute sécurité.

Elle est surtout active à Bruxelles, Gand et Anvers et est actuellement complètement gratuite.

L’Opération Thermos aide les sans-abris en distribuant, entre autres des boissons chaudes et des repas.

Une psychologue bruxelloise a lancé une plateforme afin d’offrir une aide psychologique au personnel soignant. 2155 psychologues bénévoles sont disponibles par téléphone ou visioconférence.

Le groupe Facebook « Aide citoyenne #Covid19 » met en place différentes actions citoyennes pour aider les restaurateurs et les soignants.

Vous connaissez d’autres initiatives culturelles ou solidaires, n’hésitez pas à les partager ! #sharingiscaring

(Cet article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

Vies de chien de Laura Trompette

vieschien

Née en 1987, Laura Trompette est une écrivaine, scénariste et chroniqueuse littéraire française. En 2008, elle a remporté un concours d’écriture organisé par Patrick Poivre d’Arvor dans son émission « Vol de nuit ». Depuis, elle a publié plusieurs romans chez Hugo Roman et Pygmalion notamment dans les genres chick lit, feel good et qui parlent également de son amour pour les animaux.

Après « C’est toi le chat », c’est au tour d’un chien, Tom, de prendre la parole dans ce nouveau roman intitulé « Vies de chien ». Dans ce livre, nous suivons alternativement plusieurs personnages d’une même famille (Alicia, Jacques et leur fils, Pierre), un adolescent de quatorze ans prénommé Maël ainsi que le chien Tom.

Bouledogue français, Tom a atterri à la SPA suite au décès de sa maîtresse, Blanche. Maël erre depuis des années dans le système de l’Aide sociale à l’enfance et n’aspire qu’à une chose : trouver une famille d’accueil. Leurs chemins différents, difficiles et cabossés vont se croiser dans la maison d’Alicia, Jacques et Pierre. Maël et Tom ont vécu la perte et l’abandon et vont se reconnaître instantanément. La relation sera plus compliquée pour les deux adolescents car elle sera premièrement synonyme de rivalité, tension et jalousie.

« Vies de chien » transcrit le processus de cohabitation à plusieurs voix, en alternant le vécu de chaque protagoniste mais aussi les tranches de vie.

Ce livre était risqué à plusieurs niveaux : tout d’abord, la succession de propos et points de vue contribue généralement à perdre le lecteur ou à répéter les mêmes scènes. Puis, le fait de donner la parole à un animal est souvent synonyme de récit trop enfantin. Enfin, une telle histoire se transforme vite en une overdose de bons sentiments et autres guimauves dégoulinantes. Cependant, l’autrice a déjoué tous les pièges avec succès.

En effet, elle prend tour à tour les voix, états d’âme et pensées des parents, de deux adolescents et du chien avec une facilité déconcertante. Elle adapte ses propos et son écriture avec intelligence et sensibilité. La vie de Tom est prétexte à des situations extrêmement drôles et cocasses. Tous les personnages sont attachants, permettent de varier les émotions et de passer du rire aux larmes en tournant les pages.

L’histoire est très émouvante et la plume de l’autrice est fine, fluide, touchante sans tomber dans le pathos. De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre tels que le partage, les liens familiaux, l’acceptation de l’autre, la différence, l’adolescence, … Un roman divertissant et « bien-être » sans prise de tête qui n’a pas la volonté d’être ce qu’il n’est pas. Nous pensons que « Vies de chien » est une lecture parfaite pour se changer les idées en cette période sombre.

Laura Trompette a décidé de donner une partie de ses droits à la SPA (Société Protectrice des Animaux en France). En achetant le livre, vous faites donc une bonne action.

Maël et Clotilde, deux personnages du livre, ont sorti une chanson intitulée « One in a million » disponible sur YouTube. Vous trouverez la genèse de cette chanson dans le livre évidemment.

 

(Cet article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)