Century of Smoke de Nicolas Graux

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7/10

Le réalisateur, Nicolas Graux, est né en 1988 à Liège et a effectué ses études à l’Institut des Arts de Diffusion (IAD) de Louvain-la-Neuve.

Garçon au Diable, son film de fin d’études, avait été sélectionné dans plusieurs festivals européens. En 2017, est sorti son premier long-métrage documentaire, Traces d’un village traitant de la vie d’un petit village dans un coin reculé du Laos.

Dans ce nouveau documentaire réalisé également au Laos, nous sommes confrontés, dès les premiers instants, au quotidien suffocant d’une famille. Aucune information n’est préalablement donnée sur le pays, le lieu de tournage ou encore l’année.

Nous sommes témoins de la vie quotidienne d’un village et plus particulièrement d’une famille au cœur d’un questionnement sur son futur. En effet, le réalisateur s’est surtout penché sur le destin de Laosan, jeune père de famille, perdu dans une vie qu’il semble subir.

Le documentaire s’ouvre sur Laosan qui fume l’opium qu’il cultive. Son regard est perdu et déconnecté de la réalité pendant qu’il énumère le nombre de grammes qu’il consomme au cours d’une journée. Cette drogue est la seule échappatoire possible à ce quotidien étriqué.

Au même moment, sa femme s’occupe de ses enfants. Au Laos, les femmes travaillent dans les champs pendant que les hommes se meuvent difficilement dans un nuage de fumée. Nous suivons aussi le combat des femmes qui luttent en vain pour survivre.

Cependant, les aînés réalisent que cette léthargie n’apporte pas d’avenir et encouragent Laosan à quitter le village pour offrir un meilleur futur à ses enfants.

Nicolas Graux offre des images surprenantes, dépaysantes et magnifiques. Il s’arrête sur plusieurs plans, ce qui nous permet de contempler ce paysage à la fois luxuriant et dérangeant. Nous pouvons parfaitement percevoir les désastres de la culture de l’opium à tous les niveaux : personnel, familial, écologique, ….

La caméra n’est jamais intrusive mais est plutôt observatrice des liens qui unissent ce village. La progression est lente et il y a souvent des moments de silence, ce qui renforce le sentiment d’oppression.

(Cet article est également présent sur le site du Suricate Magazine)

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