Nous sommes Athena de Shamim Sarif

athena

Née en 1969, Shamim Sarif a plusieurs cordes à son arc puisqu’elle est notamment romancière, scénariste, réalisatrice et productrice de cinéma.

Pour « Nous sommes Athéna », Shamim Sarif signe ici un roman féministe dans l’air du temps. En effet, nous ressentons particulièrement les répercussions du mouvement #MeToo diffusé sur les réseaux sociaux en octobre 2017. Cet hashtag, lancé par Tarana Burke, a permis de libérer la parole des femmes pour dénoncer les violences sexuelles.

Athena est une organisation clandestine spécialisée dans la lutte des droits des femmes à travers le monde. Celle-ci est dirigée par trois femmes fortes avec de grandes convictions : Peggy, diplomate, Kit, ancienne rock star et Li, experte en nouvelles technologies. Après une mission en Afrique de l’Ouest, une nouvelle destination attend les trois héroïnes : elles doivent mettre fin à un vaste trafic d’êtres humains en Serbie.

Dès les premières pages, nous retrouvons les codes des romans d’action et d’espionnage, chers à Ian Fleming, pour ces « James Bond » au féminin. Le rythme est haletant grâce à une écriture dynamique et très efficace.

Shamim Sarif est avant tout scénariste et cela se ressent à la lecture du roman. En effet, nous avons souvent l’impression de lire un scénario de film tant les scènes sont décrites avec précision. Nous sommes Athena pourrait, dès lors, aisément être une suite des Charlie’s Angels avec Cameron Diaz, Drew Barrymore et Lucy Liu, car il y a de nombreux points communs entre les deux histoires.

Le côté « badass » des héroïnes est mis en avant au détriment de la psychologie des personnages. Nous nous retrouvons face à des femmes, certes dotées de fortes personnalités mais extrêmement stéréotypées, ce qui est très dommage. Le côté « action » surpasse le message que l’auteure souhaite faire passer. Nous ne nous reconnaissons pas dans ces trois femmes, car elles ne sont ni plausibles ni attachantes. L’auteure en a tellement fait des superhéroïnes que nous avons l’impression qu’elles n’ont besoin de personne et qu’elles peuvent se sortir de toutes les intrigues, ce qui gâche un peu le suspense.

La fin présage une suite. Nous espérons que celle-ci permettra de mieux connaître le passé et les failles de Peggy, Kit et Li pour les rendre plus « humaines ».

(Cet article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

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