Les mains de Louis Braille d’Hélène Jousse

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Sculptrice française, Hélène Jousse est depuis toujours passionnée par l’écriture et les arts en général. Elle a réalisé de nombreuses collaborations artistiques dans des galeries et autres espaces culturels en France, en Suisse, en Belgique ou encore à Singapour. « Les mains de Louis Braille » est son premier roman.

Dans ce livre, nous suivons deux histoires d’obscurité en parallèle. Tout d’abord, celle de Constance, dramaturge et veuve depuis peu. Son époux était devenu progressivement aveugle durant la dernière année de sa vie. Il avait entrepris l’apprentissage du braille avec son épouse à l’Institut national des jeunes aveugles. D’abord intriguée par cet alphabet puis passionnée par l’histoire de ces petits points, Constance décide de s’immerger dans la vie de Louis Braille.

Thomas, son ami et producteur, voit Constance sombrer peu à peu dans la noirceur et lui propose d’écrire un biopic sur la vie de Louis Braille en vue d’une adaptation cinématographique.

La seconde histoire est, bien sûr, la vie de Louis Braille, l’inventeur du système d’écriture tactile à points saillants qui porte son nom. A l’âge de trois ans, Louis se perce accidentellement son œil droit alors qu’il faisait des trous avec un poinçon. L’infection se propage rapidement à l’œil gauche, laissant Louis aveugle quelques mois plus tard.

Nous suivons Louis dans toutes les étapes de sa vie, de son enfance à son adolescence avec une frustration croissante, celle de ne pouvoir lire des livres. En effet, à l’école, les enfants apprenaient à lire sur des lettres en relief, ce qui rendait la lecture difficile et lente. Les enfants oubliaient parfois le début de la phrase avant d’arriver à la fin. Louis n’a alors qu’un objectif « donner des yeux aux doigts » et souhaite une lecture plus fluide avec un intérêt porté sur la rapidité de compréhension du mot. A 18 ans, sa rencontre avec Charles Barbier va tout changer car Braille va s’inspirer de cette méthode de transcription des messages de l’armée en y effectuant des modifications essentielles telles que les espaces entre les points ou le format des lettres.

Ce livre alterne donc entre les carnets rouges de Constance et la vie passionnante de Louis Braille. Ces carnets rouges sont les témoins des états d’âme et des recherches de la dramaturge mais ils vont petit à petit être le reflet de la vie et de l’influence de Braille sur Constance.

Hélène Jousse livre un récit brillant et parfaitement documenté qui ne tombe jamais dans le pathos malgré des sujets difficiles. Il s’agit, avant tout, d’un message d’espoir et de résilience. L’auteure nous prouve qu’il ne faut pas être aveugle ou malvoyant pour se retrouver dans l’obscurité mais qu’il faut toujours être attentif à une lueur même si celle-ci est fragile.

L’art est très présent dans ce roman avec notamment le suivi du processus créatif du biopic mais également dans l’écriture. Celle-ci est poétique, fluide, entraînante et habilement maîtrisée pour un premier roman.

Souvent oublié ou passé inaperçu, il était important de rendre un hommage à Louis Braille dont le génie n’avait d’égal que la modestie. Nous conclurons avec la phrase d’Erik Orsenna à propos de cette œuvre : « Un livre qui fait voir ».

(L’article est également présent sur le site du Suricate Magazine)

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