Ma soeur, serial killeuse de Oyinkan Braithwaite

 

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Née en 1988 au Nigéria, Oyinkan Braithwaite a passé une partie de son enfance à Londres. Elle a étudié le droit et la création littéraire à l’Université de Surrey et à l’Université Kingston avant de retourner à Lagos (Nigéria). En 2016, elle a été finaliste du Commonwealth Short Story Prize. « Ma sœur, serial killeuse » est son premier roman.

Dans ce livre, nous suivons deux sœurs antagonistes mais néanmoins complémentaires : Korede, l’aînée, est infirmière et secrètement amoureuse de son collègue médecin, Tade. Dévouée, elle protège sa sœur envers et contre tout/tous. Favorite de la famille, extrêmement belle mais égocentrique, Ayoola passe sa vie sur les réseaux sociaux quand elle ne tue pas ses amants ! En effet, Ayoola est une serial-killeuse prolifique et au fil des meurtres, Korede est, quant à elle, devenue experte en nettoyage de scènes de crime et en falsification de preuves. Ce duo déroutant a trouvé un certain équilibre jusqu’à ce qu’Ayoola ne tombe amoureuse du séduisant docteur Tade. Korede se trouve face à un dilemme : protéger l’homme qu’elle aime ou sa sœur ?

Dès les premières lignes, nous sommes plongés au cœur de l’histoire : « Ayoola m’appelle et prononce ces mots que j’avais espéré ne jamais plus entendre : Korede, je l’ai tué ». Cette entrée en matière n’est que le début d’un roman original, contemporain,  plus dense et profond que ne le laissait présager son titre.

Au fil de la lecture, la relation entre les deux sœurs devient de plus en plus toxique et révèle un passé violent dominé par le patriarcat. Ce roman féministe est également une critique de la société nigériane et un questionnement permanent sur la mondialisation.

La société Working Title Films a mis une option sur les droits du livre pour une adaptation cinématographique. Cela ne nous étonne guère car nous visualisons clairement et facilement les scènes et avons parfois l’impression d’être dans un crossover entre Grey’s AnatomyDexter et Dr House. La métaphore des couleurs, et en particulier du rouge, est subtilement utilisée par l’autrice : ce sang présent en abondance lors des meurtres, celui des patients hospitalisés, les liens du sang, la couleur rouge reflétée dans les lunettes sur la couverture du livre, …

La plume est acerbe, parfaitement aiguisée et maîtrisée pour un premier roman. Avec un style fluide, Oyinkan Braithwaite distille des indices, manie les mystères et révélations à des moments étudiés avec brio. Les chapitres nombreux et courts soulèvent plusieurs réflexions sur différents sujets actuels. Tous les ingrédients sont réunis pour un ovni littéraire particulièrement réussi.

(Cet article est également disponible sur le site du Suricate Magazine)

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